Crédit photo: Émilie CaronTriathlon Québeca organisé en août denier un concours pour récompenser les bénévoles sur le parcours de course à pied du Ironman de Mont-Tremblant. Les bénévoles devaient écrire un témoignage de leur expérience. Ils avaient jusqu’au 30 octobre 2012 (date prolongée) pour nous envoyer leur texte. Le prix pour le/la gagnant-e: une combinaison isotherme Vortex Xterra d’une valeur de 400$.


Les textes ont été reçus, une sélection a été faite ainsi que le choix du gagnant. Nous vous présentons ici le texte gagnant ainsi que les finalistes. Le choix n’a pas été facile, loin de là!

Félicitations à la grande gagnante, madame Solange Bédard. Merci aussi à tous les participants pour ces beaux témoignages. Ce sont des histoires de vie uniques et précieuses!

 

Émilie Caron

Encore, un peu plus loin

Pour avoir grandi dans l’univers du triathlon dès mon plus jeune âge, j’ai très vite appris à bien définir les termes… Quand papa dit qu’il veut aller faire un « petit » tour de vélo ou qu’il veut aller courir « pas longtemps » et que la belle journée nous encourage à le joindre, il est important de préciser avec lui que veulent dire « petit » ou « pas longtemps » dansla terminologie Ironman…sans quoi on peut se retrouver la langue à terre et les mollets en feu après de « trop longs » efforts (selon le commun des mortels).

Ce 19 août dernier, j’ai eu la grande joie de non seulement voir mon père compléter son Ironman avec brio, mais de pouvoir y contribuer en tant que bénévole. Ainsi, j’ai vu de près la concrétisation de nombreux rêves, l’atteinte de nombreux objectifs personnels. J’ai aussi vu beaucoup de courage face à l’adversité, de la force de caractère à en revendre; littéralement un arc-en-ciel au sein de la tempête.

Je suis fière de pouvoir dire que j’ai fait partie de l’équipe Ironman Mont-Tremblant 2012, le premier d’une longue série, j’en suis certaine car je n’en ai eu que des commentaires positifs de la part des participants et des autres bénévoles. Ces derniers étaient respectivement, très reconnaissants et on ne peut plus enthousiastes.

Et c’est pourquoi, en tant que bénévole, j’espère aider encore d’autres athlètes à repousser leurs limites un peu plus loin, et à s’y trouver. Parce qu’une expérience Ironman c’est avant tout sortir de ses limites confortables, aller de l’avant et découvrir la grandeur du cœur humain.

 

 

Stéphane Desormeaux

Ma journée commence comme ceci : Arrivée a Tremblant vers 9h. Je me stationne au premier stationnement disponible. La navette est déja là, prête a partir. Quelques minutes plus tard, je suis près du village. En débarquant de la navette, ma gang de fous de cheerleaders des Chickens, de Triomphe, et de Courir Montréal sont tous là. Wow, 10 minutes après être débarqué de la 117, je suis déjà avec tous mes amis. Merveilleux. Alors un peu de cheer, un peu de magasinage à l’expo, un peu de bouffe au Village, et c’est le temps du meeting de la station d’aide 2.2.

Notre capitaine Linda est en forme et on est une super grosse gang pour monter tout ça. Superbe collaboration et entraide de tous les bénévoles. La journée s’annonce bien. Après un peu de préparation, on est prêt pour le test. Un de la gang fait le coureur IronMan. On est pourri !!!! Zéro coordination : trop de monde à une table, personne à l’autre, oh mon dieu, c’est l’enfer. On s’ajuste et à l’arrivée du premier coureur, on est pas mal mieux. Après quelques-uns, on est parfait.

On est beaucoup, il ne manque pas de monde nulle part. Alors je décide de me mettre au ramassage de verres et autres déchets. Même là, il ne manque personne. Tout s’effectue très bien. Je me positionne donc à la petite côte en sortant du point d’eau. Une côte que les coureurs n’aiment pas. Tant qu’à cheerer les athlètes, aussi bien le faire à un point stratégique.

Mes encouragements sont forts appréciés. Je dirais qu’un athlète sur trois répond a mes cheers avec soit un gros sourire, un merci/thanks, un thumbs up, ou même en prenant quelques secondes pour me remercier à leur tour. Les IM sont des gentlemen, vraiment (gars et filles bien sûr).

Je continue à ce point pendant plusieurs heures. De voir la réponse positive que mes encouragements en vaut pleinement la peine. Ilcommence à être tard. Le soleil est couché depuis un bon moment. Je vois une athlète s’approcher et en voyant la petite côte, elle n’est pas trop heureuse. Je me dis qu’elle a besoin de mon énergie. Je lui sors un de mes plus solides et positifs encouragements. Elle s’arrête et se met à pleurer. OMG. Qu’est ce que j’ai fait!!!!. Je me sens tellement mal. Je marche a coté d’elle le reste de la côte, mais tout ce que je trouve à dire n’est pas assez bon. Je voulais tellement trouver les mots magiques, la phrase qui la ferait repartir en sprint. En haut de la côte, elle me dit merci, et elle va être ok. Je continue quand même mes cheers au milieu de la côte, mais la fille que j’ai fait pleurer m’a vraiment touché. Il est 22h. Demain (lundi), je travaille un 12 heures. Linda, si tu a besoin de moi jusqu’à minuit, je reste. Si non, je partirais bien. Elle me donne mon congé.

À l’année prochaine.

 

Sylvie Jacques

J’ai eu l’occasion de participer comme bénévole à la station 3.0 du IM Tremblant. Ayant participée à deux ironman, le premier 70.3 québécois et le tri-olympique Tremblant, il était important pour moi d’être présente au baptême IM Tremblant pour pouvoir redonner au sport dutriathlon IMtoute l’attention que j’avais reçue. Notre station était des plus inspirantes. Elle était située sur le haut de la première côte après la zone de transition. Pour l’occasion, plusieurs de notre groupe étaient déguisés en super Héros.

Quant à moi, je participais comme WonderWomen. J’avais fabriqué moi-même mon costume pour l’occasion qui constituait en une cape d’énergie (j’avais mis une couverture métallique donnée a une course à Ottawa qui sert d’isolement). J’avais un maillot de bain à l’effigie de WonderWomen, de supers bras pour repousser les mauvaises énergies (qui étaient des arm warmer de vélo) et une corde imaginaire pour aider les coureurs à monterla côte. Mes cheveux étaient attachés avec un bandeau bleu que j’utilise souvent pour les courses à pied et mes bottes composées des souliers Kswiss ironman ainsi que de bas jusqu’aux genoux. Il était crucial pour moi d’utiliser des pièces d’équipements que les triathlètes utilisent dans leur entrainement pour les inspirer, eux qui devenaient des super héros.

Il était inspirant de voir ces athlètes de loin et de pouvoir leur offrir du ravitaillement qui leur donne de l’énergie jusqu’à la prochaine station. Leur offrir un choix sucré/salé de bananes, oranges, gels, bretzels et liquides leur donnait cette énergie nécessaire pour affronter ces derniers30 kmsous leurs pieds. Peu après 17h, il y eu un fort orage; heureusement j’avais mon maillot de bain. Nous avons donné aux athlètes des sacs de poubelles pour qu’ils puissent se réchauffer. Heureusement, nous pouvions donner du bouillon de poulet. Nous avons fait un effort pour le garder le plus chaud possible et le rationner car nous pensions en manquer. J’ai donné ma cape à quelqu’un qui avait froid et qui  grelotait. Un double arc-en-ciel est apparu comme une source d’inspiration. Vers la fin, nous avons suivi certains coureurs pour les aider à emboiter le pas, pour au moins monter la côte.

Curieusement, cette énergie leur était transférée. L’histoire de chacun est vraiment inspirante considérant que ces athlètes viennent d’autour du monde. J’ai essayé de sortir quelques mots en espagnol pour faire la conversation et j’ai réalisé que la zupa est d’habitude plus consistante qu’un bouillon. Le dernier coureur que j’ai vu était originaire de Mexico. Il était a son premier IM et avait tout une détermination de fer pour le terminer. Je lui ai donné une tape dans le dos et envoyé toute l’énergie positive possible.

Puisque notre station était assez près du fil d’arrivée, nous sommes restés pour encourager les athlètes qui y retournaient. Malgré les lumières ajoutées sur le parcours, il y avait des parties ou il était difficile de voir. Nous avons utilisé des lampes de poche et papiers d’aluminium pour signaliser le parcours. Nous avons couru/marché avec eux près du sentier pour leur donner un rythme de course. Malheureusement avec la noirceur et les nuages, il était impossible de voir la montagne de Tremblant où il y avait le fil d’arrivée. Mais avec le temps humide, le son portait très bien. On pouvait entendre à3 kma la ronde “….you’re an Ironman”. Il nous ne restait plus qu’a dire aux athlètes, “…go and get that…you can also do this.”


Jean-Marc Courteau

Triathlète bénévole ou bénévole triathlète?

C’est avec un peu d’appréhension que j’envisage ma journée comme bénévole au Ironman de Tremblant. C’est une belle opportunité pour donner un coup de main et encourager les participants mais j’aimerais aussi être à leur place…Allez ce sera pour l’an prochain!

« Frissons » pour débuter. Imaginez tout ces gens en combinaison sur la plage; soleil levant et brume sur le lac. Tout à coup un avion de chasse nous survole à basse altitude. Wow, c’est le départ! Les nombreux spectateurs sont déjà bruyants et enthousiastes. Passons aux choses sérieuses et c’est le temps de me diriger à mon poste. Au loin sur la plage, une clameur s’élève. On annonce que Pierre Lavoie sort de l’eau. Vas-Y!

Poste de ravitaillement/course à pied -16e et 37e km (2 boucles). Je rencontre les membres de l’équipe. Sympathiques et de belle humeur; en plus c’est du sérieux. On place les tables. On sort les verres. On coupe des oranges. Soyons prêts .Nous laissons nos préparatifs pour encourager les premiers athlètes qui passent à un coin de rue au début du circuit de course à pied. Le premier à déjà plusieurs minutes d’avance! Il nous revient environ 45 minutes plus tard et nous sommes huit pour le servir…Ce n’est que partie remise car il en reste 2499 à passer.

Enfin de l’action. Premier passage. De l’eau, du coke, boisson énergisante en échange d’un sourire, d’un merci.  L’harmonie règne dans l’équipe et on répond àla demande. Unetape dans le dos aux amis. « Lâche pas mon vieux ». Service cinq étoiles; un bénévole rejoint un coureur pour lui laisser les fruits qu’il a échappés.  Deuxième passage. Des marcheurs, des coureurs. Démarche fluide ou crispée. Encore ces sourires mais de plus en plus cet air concentré et déterminé. Un peu de pluie avec ça. Des deux côtés on tient le coup.

Autre assignation en fin de soirée. Signaleur au 41e km. Il fait noir mais étrangement on retrouve cet aspect brumeux du matin. Collier fluorescent au cou ils défilent un à un. Les quelques spectateurs sur le bord de la route sont d’un support précieux. Des petits, des gros, jeunes et vieux, dans quelques minutes ce sera l’arrivée. Quelle que soit leur motivation ils auront atteints leur objectif.  De beaux modèles de santé et de dépassement de soi. Félicitations et merci d’avance aux bénévoles de l’an prochain.

 

Solange Bédard –  Gagnante du concours Xterra!

Derrière chaque regard

Il est sept heures du matin, je croise des regards d’athlètes en préparation, des regards inquiets, lointains, anxieux. Les athlètes avancent tranquillement mais sereinement vers leur premier point de départ. Une journée entière d’effort se dresse devant eux.

Huit heures, déjà les premiers nageurs sortent de l’eau. L’œil est vif, souriant. La peur et l’inquiétude semblent  s’être  volatilisées. Le regard est confiant, combattant. L’énergie est palpable. Nous sentons toute la frénésie du moment. Je dois quitter pour  la station d’aide 7.1 du parcours de course pour aider et encourager tous ces athlètes à terminer leur épreuve Ironman et faire «peut-être» une petite différence dans leur journée.

Il est midi, j’ai hâte de revoir tous ces regards. De ma position, je croise 2500 regards à plus d’une fois pour certain. Première boucle de21 km, les regards sont déjà satisfaits, remplis d’espoir. Des regards à peine soulagés du parcours de natation et de vélo.  Des regards concentrés, focusés sur la cible, droit devant. L’espace d’une seconde, je réussis à décrocher quelques sourires.

Il est dix-sept heures, ma journée de bénévolat se  termine.  Mais, je veux revoir tous ces regards à la ligne d’arrivée.

Dix-huit heures, ce qui se passe devant moi est totalement et sublimement indescriptible. Tous ces regards heureux, vainqueurs, immensément satisfaits mais combien épuisés. Plus aucune trace de peur ou d’inquiétude. Des regards qui marquent l’accomplissement de soi, la réalisation de plusieurs heures d’entrainements. Des regards qui disent «enfin», j’y suis arrivé, je suis là. I am a Ironman. Je veux  remercier tous ces athlètes de m’avoir donné tant de frissons et d’avoir partagé tant d’émotions à travers chacun de leurs regards, que je n’oublierai jamais.